La casserole
C'est la femme de Vercingétorix qui la
découvrit par hasard.
Le mari de celle-ci était généralement affublé
d'un casque, cet instrument bien pratique lors des conflits de l'époque avait
aussi la vertu de protéger d'éventuelles chutes de ciel. Par contre en période
calme il s'avérait généralement encombrant et incommode : Vercingétorix faisait
de la politique et devait saluer ses administrés avec toute la déférence
requise. Le casque avait l'inconvénient d'être lourd en cet exercice, en outre
il pouvait provoquer des blessures. Vercingétorix s'était coupé à plusieurs
reprises en attrapant une arête trop vive et il avait assommé deux personnes
pour avoir laissé échapper son casque.
Certes les élections n'existaient pas encore,
mais ça faisait mauvais genre, il confia donc à son conseiller en communication
le soin de mettre au point un système qui lui permettrait de pallier à ces
inconvénients. C'est un forgeron anonyme de Clermont-Ferrand qui trouva la
solution : il attacha une poignée à la droite du casque, il suffisait de
l'attraper pour saluer! L'humanité venait de franchir un grand pas. Le fils du
forgeron, qui portant le nom de son père était tout autant anonyme, perfectionna
l'invention par un système qui autorisait le positionnement de la poignée soit à
droite, soit à gauche. Il fut dès lors possible d'utiliser le casque pour
assommer ses adversaires lors des combats : le ciel tombait ainsi sur la tête du
fait de l'instrument qui était censé protéger de sa chute! (c'est souvent le cas
d'inventions détournées de leur finalité première).
Vercingétorix n'eut qu'à se louer de cet
appareil qui lui apporta maints succès tant civils que militaires, je vous en
épargnerais la lecture, vous pouvez si vous souhaitez plus de détails consulter
vercingétorix.com.
Après la défaite d'Alésia, il perdit le moral
et salua moins souvent. Il avait moins envie d'assommer ses adversaires. Il
laissait traîner son casque un peu n'importe où. C'est le 16 Juillet moins 43,
par un chaud après-midi que la découverte intervint : en sueur, il s'était
débarrassé de son casque et l'avait posé dans la cuisine. Amélie Vercingétorix
était droitière et nous étions en temps de paix, la queue de l'instrument se
trouvait donc du bon côté : tout de go elle inventa la casserole. C'était le
second coup de génie de sa vie (le premier fut d'avoir épousé son mari, ce qui
nous permet de la connaître encore aujourd'hui).
En fait, mais nous ne pouvons pas lui en
vouloir, si elle avait inventé la casserole, elle n'en découvrit pas l'usage
habituel. Elle était facétieuse, son mari après ses déboires oubliait souvent
son casque, en outre on ne se retournait guère plus sur lui : elle accrocha donc
l'instrument par une ficelle à la ceinture de son époux de cette manière on
commença de nouveau à s'intéresser à lui. Grâce à son épouse, Vercingétorix fut
ainsi le premier homme politique à traîner une casserole, l'habitude était
prise.
L'usage culinaire de la casserole fut découvert
beaucoup plus tard par Henri IV ; les hommes de pouvoir avaient pris l'habitude
de traîner leur casserole, parfois ils en traînaient plusieurs. Henri IV était
souvent affamé et il trouva commode de transporter son casse-croûte dans
l'instrument, il constata après une longue marche que ses aliments avaient été
réchauffés! La boucle était bouclée.
Retenez bien de cette histoire que la queue des
casseroles se trouve à droite de l'instrument, si elle est inversée, il peut y
avoir danger pour vous : de vieux archaïsmes peuvent renaître et votre occiput
s'en trouver menacé!